Mal connu mais potentiellement grave, l’infarctus du côlon, également dénommé ischémie mésentérique, se produit lorsque la circulation sanguine qui nourrit l’intestin est soit réduite, soit interrompue. Cette situation provoque une souffrance des tissus intestinaux, généralement sous-estimée ou encore confondue avec d’autres maux digestifs assez courants. Pourtant, certains signes et symptômes méritent une attention particulière afin d’éviter des évolutions dramatiques. Savoir repérer ces signaux, même discrets, fait toute la différence lorsqu’il s’agit d’agir vite.
Qu’est-ce que l’infarctus intestinal ?
L’infarctus intestinal correspond concrètement à un déficit d’oxygène provoqué par un blocage ou une diminution de l’apport sanguin dans les artères mésentériques (celles qui irriguent le tube digestif). Conséquence : une possible nécrose des tissus intestinaux qui impose une intervention médicale rapide. Ce problème, en lien avec certaines maladies cardio-vasculaires, concerne surtout les personnes présentant des antécédents circulatoires défavorables.
Souvent, ce trouble passe inaperçu à cause de signes peu spectaculaires ou attribués à des pathologies digestives plus simples. La vigilance s’impose donc, surtout pour les personnes qui ont déjà été confrontées à des soucis cardiaques, ou avec un système circulatoire moins efficace. Pour celles et ceux intéressés par le sujet, il peut être instructif de consulter les informations sur les maladies cardio-vasculaires, tant les liens entre troubles cardiaques et complications intestinales s’avèrent désormais établis.
Quels sont les facteurs de risque de l’infarctus intestinal ?
Différents éléments interviennent dans l’apparition de l’ischémie intestinale. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas question d’un facteur unique ; plusieurs entrent en jeu simultanément :
- Antécédents cardiaques : Un trouble au niveau du cœur influence de manière évidente la circulation dans l’intestin.
- Consommation de tabac, hypertension, taux élevé de cholestérol : Ces habitudes ou états de santé, souvent rencontrés ensemble, favorisent l’apparition de difficultés de circulation sanguine jusque dans le système digestif.
- Prise de certains médicaments : Certains traitements – contraceptifs hormonaux, diurétiques notamment – sont susceptibles de diminuer la perfusion sanguine et de provoquer des complications plus ou moins marquées.
Chez les personnes cumulant plusieurs de ces éléments, un suivi médical s’avère d’autant plus conseillé pour minimiser les risques. Cette approche préventive, bien que parfois perçue comme une contrainte, se justifie pleinement au regard des complications redoutées.
Savoir reconnaître les douleurs liées à un infarctus intestinal
Douleurs abdominales aiguës et brutales : un signal d’alerte
L’une des manifestations les plus typiques consiste en une douleur prononcée, d’apparition rapide, localisée au milieu de l’abdomen. Étonnamment, cette douleur peut sembler bien plus forte que ce que l’on observe cliniquement. Ce décalage entre le ressenti et l’examen est justement ce qui doit éveiller les soupçons.
Symptômes fréquents mais trompeurs
Il arrive souvent que les douleurs évoquent une indigestion ordinaire : crampes abdominales, sensation de ballonnement, ou nausées durables. Ce caractère trompeur des symptômes conduit régulièrement à un retard au diagnostic.
Douleurs abdominales après les repas
Il n’est pas rare que les douleurs apparaissent surtout après les repas, période où les besoins en oxygène de l’intestin augmentent lors de la digestion. Prendre ce détail en compte permet parfois de mieux orienter l’enquête médicale.
Les 7 principaux symptômes à surveiller
1. Nausées et vomissements
Des nausées répétées ou des situations de vomissements persistants peuvent révéler un vrai souci au niveau du système digestif ou de son irrigation vasculaire. Ce genre de symptômes, souvent mis sur le compte du stress ou d’une mauvaise alimentation, ne doit en aucun cas être négligé s’ils durent.
2. Présence de sang dans les selles
Rencontrer des saignements dans les selles devrait toujours interpeller. En effet, cela peut traduire une souffrance intestinale avancée, ce qui impose généralement une consultation auprès d’un spécialiste rapidement.
3. Perte de poids rapide et fatigue
Un amaigrissement survenu en l’espace de quelques semaines, associé à une baisse d’énergie notable, apparaît fréquemment lorsque l’intestin n’assure plus correctement son activité. Ce symptôme, pris isolément, n’est pas toujours reconnu comme révélateur d’une atteinte vasculaire, d’où l’importance d’un regard global sur la situation du patient.
4. Fièvre ou frissons
L’apparition d’une fièvre ou de frissons – notamment en dehors d’épisodes infectieux connus – doit être prise avec sérieux. Cela suggère parfois une complication à type d’infection ou d’inflammation reliée à l’ischémie digestive.
5. Troubles digestifs chroniques
Ballonnements, inconfort digestif persistant, douleurs abdominales peu précises : ces plaintes sont trop courantes pour attirer l’attention d’emblée, et pourtant, elles prennent tout leur sens sur un terrain à risque. Il est conseillé d’être attentif à l’évolution et à la répétition de ces manifestations. Témoignage entendu lors d’une consultation : « Cela ressemblait à une simple colique, puis les crises sont devenues plus rapprochées… Jusqu’à ce que je doive consulter en urgence ».
6. Accélération du rythme cardiaque
Un cœur qui bat plus vite que d’habitude, parfois accompagné d’essoufflement sans explication, peut faire partie du tableau de l’infarctus intestinal, particulièrement chez les personnes déjà fragiles sur le plan cardiovasculaire.
7. Apparition d’une pâleur cutanée et sueurs froides
Une sensation de malaise, voire l’apparition de sueurs froides et d’un teint plus pâle que d’ordinaire, fait aussi partie des situations qui doivent alerter, surtout si elles surviennent brutalement et s’associent à d’autres symptômes décrits plus haut.
Comment confirmer le diagnostic ?
Si plusieurs des symptômes précédemment décrits persistent ou s’aggravent, une consultation médicale s’impose. L’équipe soignante procède d’abord à un interrogatoire précis et un examen clinique complet. Mais dans de nombreux cas, cela ne suffit pas :
- Analyses sanguines : Elles peuvent révéler une élévation des marqueurs liés à la souffrance des tissus.
- Imagerie médicale : Scanner abdominal en priorité, parfois IRM, permettent de visualiser l’état de l’intestin et des vaisseaux concernés.
Selon les résultats, il sera possible d’entamer la prise en charge adéquate sans délai, ce qui change nettement la suite des événements pour le patient.
Traitements et perspectives d’évolution
Le traitement dépend largement de la cause précise identifiée. Dans certaines situations, un traitement médical suffit : médicaments visant à améliorer la circulation sanguine, sevrage tabagique, adaptation du régime alimentaire ou suppression d’un médicament en cause. Lorsque la situation apparaît plus grave – si des signes de nécrose intestinale sont repérés –, une intervention chirurgicale demeure indispensable. On cherche alors à restaurer la circulation sanguine, ou retirer les parties abîmées lorsque cela s’impose.
À ce stade, un suivi sur la durée s’impose. Un retour à la vie normale est possible, mais la récupération sera progressive. Nombre de patients craignent de voir leur quotidien bouleversé ; cependant, bien des équipes médicales proposent aujourd’hui un accompagnement spécifique pour l’alimentation et la surveillance post-opératoire.
Prévenir un infarctus intestinal : quelques conseils utiles
Limiter les facteurs de risque évoqués plus haut reste le levier le plus efficace. Plus concrètement :
- Adopter une alimentation variée, et limiter la consommation de graisses saturées.
- Contrôler sa tension artérielle, surveiller son taux de cholestérol et traiter la moindre anomalie sous suivi médical.
- Pratiquer une activité physique régulière, même modérée.
- Consulter un professionnel de santé si des troubles digestifs inhabituels persistent ou s’associent à une douleur abdominale aiguë.
- Informer son médecin de tout antécédent personnel ou familial en lien avec des maladies circulatoires.
Ainsi, un infarctus intestinal n’est pas une fatalité. Prendre le temps de reconnaître la diversité de ses symptômes, en parler à un professionnel de santé et adopter de nouveaux réflexes préventifs peut réellement modifier le pronostic.
Sources :
- vidal.fr
- ameli.fr
- doctissimo.fr
- passeportsante.net
